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Biographie de Louis Jourdan


Généralement, lorsque l’on parle des acteurs marseillais, on imagine, dans un décor de comédie ensoleillée, des faces joviales et des voix à l’accent chantant. Dans cette catégorie, le modèle le plus typique et le plus prégnant reste sans doute Fernandel. Que des jeunes premiers au regard langoureux et à la silhouette élancée puissent surgir de ce terreau ne nous vient pas spontanément à l’esprit, tellement nous sommes pétris de clichés. Ce fut pourtant le cas de Louis Jourdan. Avant Yves Montand, avant Jean Sorel (qui fit, lui, l’essentiel de sa carrière en Italie), il fut l’un de ces enfants de Marseille qui incarnèrent, à l’étranger, le charme français.

Né Louis Gendre le 19 juin 1921, il grandit au sein d’une famille de riches hôteliers, ce qui est un avantage non négligeable lorsque l’on veut devenir comédien. A Cannes, chaque été, le jeune Louis sympathise avec de nombreux acteurs en villégiature, apprend l’Anglais, voyage et affermit sa vocation. Il n’a pas 20 ans lorsqu’il « monte » à Paris tenter sa chance. Après un bref passage au fameux cours Simon, on le retrouve assistant-opérateur de Marc Allégret sur le tournage d’ «Entrée des artistes ». Louis Jouvet le remarque et lui conseille de passer devant la caméra. Un avis qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Le jeune homme prend, pour nom de scène, celui de sa mère, Jourdan , et enchaîne plusieurs rôles remarqués aux côtés de vedettes comme Michèle Morgan, Danielle Darrieux ou Michel Simon. Mais c’est la guerre puis l’Occupation, avec les blocages et les incertitudes liés à cette période. Lorsque son père est arrêté par la gestapo en 1943, le jeune acteur choisit, avec ses deux frères, le camp de la Résistance, loin des plateaux de cinéma, jusqu’à la libération. La paix revenue, sa bonne étoile se manifeste à nouveau en la personne de David O’ Selznick, grand producteur américain, qui le contacte et lui fait signer un contrat de 7 ans à Hollywood. Le voici bientôt en Californie avec sa jeune épouse : une sorte de paradis, selon son propre aveu. En 1947, il tourne, sous la houlette d’Alfred Hitchcock, « Le procès Paradine » avec – excusez du peu ! -, Charles Laughton et Gregory Peck. Il y tient un rôle plutôt modeste, celui du valet d’Alida Valli, mais son physique avantageux est apprécié et va vite le placer au premier plan. Suivront des films comme « Madame Bovary », « L’oiseau de paradis », « La fontaine des amours » ou « Can-Can » qui feront de lui, après Charles Boyer, le french-lover des années 50. La consécration viendra en 1958, avec « Gigi », comédie musicale de Vincente Minnelli qui raflera pas moins de 10 oscars. Louis Jourdan y tient le haut de l’affiche avec deux autres comédiens français, Maurice Chevalier et Leslie Caron. Cependant, il commence à se lasser de ces rôles de séducteurs sans relief qu’Hollywood lui fait invariablement endosser. Chaque fois qu’il le peut, il va tourner en France et en Italie. Le théâtre l’attire aussi : il connaîtra l’un de ses plus grands succès à Broadway, dans l’adaptation du livre d’André Gide, « L’immoraliste ». La seconde partie de sa carrière sera ainsi marquée par des rôles plus graves (« Léviathan », 1962), voire franchement inquiétants, comme celui qu’il tient dans « La créature du marais », film qu’il tourne en 1982 sous la direction d’un des maîtres de l’horreur, Wes Craven. Cette année-là, le drame l’atteint dans sa propre vie, puisqu’il perd son fils unique, Louis Henry, des suites d’une overdose. Il reprend néanmoins le chemin des studios et, l’année suivante, il incarne le « méchant » Kamal Khan face à Roger Moore alias James Bond, dans « Octopussy ».

En 1992, déjà âgé de 73 ans, il fait une dernière apparition à l’écran dans « L’année de la comète », tout en continuant de faire un peu de télévision. En plus de cinquante années de carrière, Louis Jourdan aura tourné une cinquantaine de films et acquis une aura internationale d’acteur, ce qui n’est quand même pas mal pour un « minot » de Marseille. Cependant, c’est en Californie, à Beverly Hill, qu’il a choisi de vivre ses vieux jours (il est maintenant presque nonagénaire), dans le souvenir des fastes d’antan. On dit que le climat californien est aussi doux que celui de la Méditerranée.

Jacques Lucchesi
de "Toutma"