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Légion d'Honneur


Le 22 juillet 2010, l'Ambassadeur de France aux États-Unis, Pierre Vimont, a promu Louis Jourdan chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur.



Sidney Poitier, Louis Jourdan, Kirk Douglas, David Martignon




David Martignon à propos de Louis Jourdan:

Il est des hommes dont la France s’enorgueillit de les compter parmi ses enfants. Je suis fier d’avoir proposé à la Grande chancellerie de la Légion d’Honneur, pour qu’il soit promu chevalier dans l’ordre, la candidature d’une légende du cinéma : M. Louis Jourdan. Et je suis fier que l’ambassadeur de France aux Etats-Unis, Pierre Vimont, lui en ait remis les insignes jeudi 22 juillet 2010, à la Résidence de France à Los Angeles, en présence de sa femme, et de ses amis Kirk Douglas, à qui il apprit à nager dans les eaux de la Méditerranée, et Sidney Poitier, premier acteur noir à obtenir l’oscar du meilleur acteur. Car Louis Jourdan a fait honneur à la France, en tant qu’artiste, par son talent et sa renommée internationale, jouant avec les plus grands réalisateurs et acteurs, aux Etats-Unis comme en Europe. Et en tant qu’homme, par son courage et son implication durant la seconde guerre mondiale, faisant passer sa patrie avant sa carrière.

Louis Jourdan a vu le jour à Marseille, le 19 juin 1921. Elève au Cours Simon, il devient l’assistant de Marc Allégret, pour qui il travaille notamment sur le tournage d’Entrée des artistes. Louis Jouvet remarque son charme et son élégance, et le convainc de faire du cinéma. Comme le raconte M.Jourdan, il lui dit :« quand on a une gueule comme la tienne, on reste pas derrière la caméra, on passe devant ! ». Ce sera fait en 1939 dans Le Corsaire.

Il n’a que dix-huit ans, lorsque la Seconde guerre mondiale éclate. Pourtant si jeune, il fait le choix courageux de refuser de jouer dans des films de propagande nazis. Et ce sont justement les films qu’il choisit de jouer pendant le conflit mondial, La comédie du bonheur de Marcel L’Herbier en 1940 et Premier Rendez-vous d’Henri Decoin en 1941, qui le révèlent au grand public. Il joue ensuite sous la direction de Marc Allégret dans L’Arlésienne en 1942 et dans Les Petites du quai aux fleurs, avec Bernard Blier et Gérard Philippe.

Alors que sa carrière est déjà florissante, il décide d’y mettre un terme, lorsque son père est arrêté par la Gestapo, et de s’engager dans la Résistance avec ses deux frères.


A la libération, David O. Selznick, le mythique producteur d'’Autant en emporte le vent, le contacte. Il part jouer aux Etats-Unis, commençant sa carrière internationale en tournant sous la direction du grand Alfred Hitchcock en 1947. Il partage l’écran dans ce film, Le Procès Paradine, avec Gregory Peck, dont il dira plus tard que « c’est une bonne chose qu’il soit parfois amusant, car sinon tant de perfection serait insupportable ».


Il joue également avec Joan Fontaine dans Lettre d’une inconnue de Max Ophüls (en 1948), et avec Charles Boyer dans The Happy Time de Richard Fleischer (en 1952), puis aux côtés d’Anne Vernon et de Micheline Dax dans Rue de l’estrapade de Jacques Becker (en 1952), qui restera, me dit-il, son film préféré, en raison de sa complicité avec Jean Becker. Il s’illustre dans La Flibustière des Antilles de Jacques Tourneur (en 1951).


Alternant drame et comédie romantique, il joue en 1956 dans La mariée est trop belle de Pierre Gaspard-Huit, avec Brigitte Bardot, Micheline Presle et Roger Tréville. Il joue également dans Can-Can de Walter Lang en 1960 (nominé pour 2 oscars) avec Frank Sinatra, Shirley MacLaine et Maurice Chevalier.

Parallèlement à sa carrière impressionnante aux Etats-Unis, il continue à jouer dans des films européens. En 1961, il campe un remarquable Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo de Claude Autant-Lara aux côtés de Pierre Mondy, Yvonne Furneaux et Bernard Dhéran. En 1966, il joue avec Gina Lollobrigida et Philippe Noiret dans Les Sultans de Jean Delannoy et en 1967 avec Maurice Garrel dans Peau d'espion d'Édouard Molinaro.

Il continue à s’illustrer non seulement au cinéma, mais aussi à la télévision et même sur les planches de Broadway. Il joue en effet deux fois pour Vicente Minnelli, dans Madame Bovary, nominé aux Oscars, aux côtés de James Mason ou encore dans Gigi, le fameux musical, 9 fois oscarisé (dont l’Oscar du meilleur film), aux côtés de Leslie Caron, Maurice Chevalier et Eva Gabor. On se souvient notamment des scènes sur la plage de Trouville réinventée à Santa Monica !

En 1977, il joue dans Plus ça va, moins ça va de Michel Vianey avec Niels Arestrup.

Connu pour son élégance et adulé aux Etats-Unis en tant que French Lover, il n’hésite pas à s’essayer à tous les genres. Il tient même le rôle principal dans un film d’horreur de Wes Craven (La créature du Marais en 1982 en puis Le retour de la créature du marais en 1989).

Il prête également son charme au personnage du méchant Khamal Khan dans Octopussy de John Glen en 1983 aux côtés du James Bond incarné par Roger Moore.

Aussi renommé sur grand écran que sur petit écran, il joue dans de nombreuses séries télévisées. Après avoir tenu le rôle principal de l’inspecteur Beaumont dans la série Chasse au crime (Paris Precinct) de 1953 à 1955, il joue dans des séries mythiques telles que Colombo en 1978 et Charlie’s Angels en 1980.

Louis Jourdan a été un des plus jeunes acteurs Français à se faire une place à Hollywood, et un des seuls à être au moins aussi connu aux Etats-Unis que dans son propre pays, au point d’avoir deux étoiles sur le Walk of Fame, sur Hollywood Boulevard, même si, comme il aime à le répéter, il préfère être considéré comme un « acteur de genre » (character actor) plutôt que comme une star.

Quand j’étais enfant, je voulais être Louis Jourdan, parce qu’il était l’incarnation de l’élégance française. Je suis heureux que l’homme soit à la hauteur de la légende.


David Martignon